Devin and the Deep Blue Sea est né d’une rupture.
Devin Oxman fait de la musique depuis presque toujours — il a commencé le violon à quatre ans — mais n’avait jamais vraiment ressenti l’urgence de faire un disque à lui. Puis est venue Kali. Une chanson en est devenue plusieurs, plusieurs sont devenues un album, et terminer le disque a cessé d’être facultatif.
Le résultat fut Breakup Breakdown : onze chansons entièrement écrites, interprétées, arrangées et produites par une seule personne. Malgré son titre et les circonstances de sa création, c’est un album de rupture étonnamment rempli d’amour, traversant l’infatuation, les futurs imaginés, les reproches adressés à soi-même, les mauvaises décisions et, finalement, un sentiment plus vaste de fracture.
Musicalement, l’album refuse de rester en place. Country moderne, rock alternatif et violon celtique y trouvent tous leur place, mais le genre est un outil plutôt qu’une identité. Quelle que soit la texture dont une chanson a besoin, elle est permise.
Une fois le disque terminé, Devin and the Deep Blue Sea est devenu un groupe. La formation actuelle compte quatre musiciens : guitare, basse et batterie entourent le chant, la guitare solo, le violon et les claviers, les arrangements studio servant de plan plutôt que de menottes.
Si Breakup Breakdown regarde vers l’intérieur, le prochain album, Zero Sum, retourne les pierres. La catastrophe amoureuse cède la place au spectacle politique, au complotisme, au ressentiment, à l’autoritarisme et aux histoires que les gens se racontent lorsque la complexité devient gênante. La musique devient plus dure et plus électronique, mais l’instinct reste le même : regarder les contradictions en face, se méfier des réponses faciles et ne pas détourner les yeux simplement parce que ce qui rampe sous la pierre est désagréable.